Colleen Butler | Service des communications

 

Tout a commencé par une conversation au Comité national du triangle rose du SCFP.

Partout au pays, des membres LGBTQ2+ du SCFPtravaillaient sur diverses initiatives concernant la diversité sexuelle et de genre, en particulier autour des problèmes rencontrés par les personnes âgées dans le système de santé.

En Colombie-Britannique, le SCFP et le Syndicat des employés d’hôpitaux (SEH) travaillaient avec des partenaires communautaires à la défense des droits des personnes LGBTQ2+ en matière de vieillissement et de soins. Deux membres du comité faisaient partie du Comité consultatif national des aînés d’Égale, un groupe de défense des personnes LGBTQ2+. D’autres menaient des projets sur la sécurité des travailleurs LGBTQ2+ dans leurs sections locales et leurs divisions.

Au sein du Comité du triangle rose, ils ont uni leurs efforts.

« Nous avons entendu tellement d’histoires de gens qui ne se sentaient pas en sécurité. Parfois, les clients, tout comme certains employés, jugeaient préférable de rester dans le placard », a souligné Donna Smith, une membre de longue date du Comité du triangle rose de la section locale 4828 en Saskatchewan, qui siège aussi au Comité consultatif national des aînés d’Égale.

Les membres ont noté que certaines personnes âgées cherchaient des solutions par elles-mêmes. En tant que syndicalistes du secteur public, les membres du Comité du triangle rose ont ressenti le besoin d’agir. « Les services publics devraient être plus sécuritaires pour tous. Tout le monde devrait avoir accès aux services, peu importe comment on s’identifie », a souligné Gina McKay, qui est membre du Comité du triangle rose et secrétaire-archiviste de la section locale 2348 au Manitoba.

Aux congrès nationaux de 2017 et 2019, le comité a présenté des résolutions appelant à la reconnaissance des compétences LGBTQ2+ dans les services publics, afin de créer des espaces sécuritaires pour les membres du SCFP et les personnes qui bénéficient de leurs services. Le nouveau rapport du SCFP sur les espaces sécuritaires dans les services publics pour les travailleurs et les personnes âgées LGBTQ2+ découle de ces résolutions.

 

Le projet de recherche mené conjointement avec l’Université Carleton et Égale identifie plusieurs pratiques prometteuses pour créer des espaces sécuritaires, améliorer l’accès aux services, comme l’équité en matière d’emploi et des normes de sécurité comme conditions de financement.

Le rapport, publié en mars, arrive à la conclusion que les conditions de travail des travailleurs LGBTQ2+ sont liées aux conditions de service des clients LGBTQ2+ et inversement. Il énumère plusieurs pratiques prometteuses pour aider travailleurs et clients. Parmi celles-ci, mentionnons l’équité en matière d’emploi, un financement conditionnel au respect de certaines normes de compétences culturelles et une meilleure représentation de la communauté LGBTQ2+ dans les organes de gouvernance.

Il demande également aux décideurs de reconnaître la diversité au sein de la communauté LGBTQ2+. Pour créer des espaces sécuritaires, les gens qui élaborent les politiques publiques doivent s’attaquer aux problèmes spécifiques des groupes marginalisés au sein des communautés LGBTQ2+

Laura Tait est coordonnatrice auprès des personnes âgées au Rainbow Resource Centre à Winnipeg. Elle est également membre de la section locale 2348. Elle se félicite des conclusions du rapport. « C’est vraiment problématique lorsqu’on est plus âgé et qu’on craint de se rendre dans un établissement d’aide à la vie autonome ou dans une maison de retraite parce qu’on ne sait pas si on y est le bienvenu en raison de sa sexualité ou de son identité de genre », a-t-elle noté.

« Tous nos participants, particulièrement nos participants trans, ont des histoires à raconter sur le déni de leur genre dans le système de santé ou encore sur des soignants qui sont entrés dans la pièce et repartis aussitôt à cause de ce qu’ils sont. C’est encore pire pour les personnes bispirituelles ou confrontées à une marginalisation multiple due au sexe et à la race. Ce serait génial pour ces personnes d’avoir accès à des services qui sont explicitement inclusifs », a-t-elle ajouté.

Gina McKay espère que le rapport débouchera sur de nouvelles initiatives de la part des décideurs. « Pour avoir cette conversation, il faut disposer de données. Mais la vraie première étape consiste à effectuer des c

hangements », a-t-elle affirmé

Todd Hill est aide-éducateur au Nouveau-Brunswick, coprésident du Comité du triangle rose et vice-président régional de la section locale 2745. Il croit que les conclusions du rapport portant sur la diversité et la gouvernance peuvent aussi aider le SCFP à devenir plus inclusif. « Nous devons encourager les dirigeants potentiels et rechercher activement des membres dans les groupes en quête d’égalité pour pourvoir les postes et siéger aux comités. Je sais ce que c’est que d’être un homosexuel sur le marché du travail, mais je ne peux pas parler avec confiance de l’oppression vécue par un travailleur LGBTQ2+ plus marginalisé. Par contre, je peux être un allié. Faire partie du Comité du triangle rose et travailler comme membre-formateur est un privilège. J’ai tellement appris des autres. C’est ce que mon im

plication au sein du SCFP m’apporte le plus: je veux entendre votre vécu », a-t-il conclu.